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Quels sont les principaux genres journalistiques ?

Pour relater une information, raconter un évènement ou dépeindre une situation, le journaliste peut exploiter différents genres journalistiques. Ces divers traitements permettent aux rédactions de diversifier leur production éditoriale, c’est aussi une façon de favoriser l’attractivité de leurs contenus auprès des lecteurs. Le choix du traitement journalistique se fait généralement en conférence de rédaction, il est déterminé en fonction de la nature du sujet ainsi que de l’angle préssenti. Voici les principaux traitements journalistiques utilisés dans le milieu de la presse.

La brève : entre 300 et 500 signes pour donner l’information essentielle

La brève est un texte très court – entre 300 et 500 signes – qui donne des informations factuelles sans entrer dans les détails. En général, la brève est rédigée sans titre, elle comporte  un seul paragraphe et permet au lecteur de prendre connaissance des informations essentielles en une poignée de secondes. La brève doit systématiquement obéir à la règle des 5 W, elle doit être rédigée de façon concise, sans accroche ni ouverture. Très souvent utilisée à la radio ainsi que dans la presse écrite, la brève constitue un gage de neutralité lorsqu’elle est bien rédigée.

Le reportage : des couleurs, des odeurs, des images

Le reportage est un témoignage laissé au lecteur. Il s’agit de raconter et de retranscrire le plus fidèlement possible « ce que l’on a vu » et « ce que l’on a vécu ».  Le reportage est particulièrement adapté pour couvrir un évènement important, une situation de crise ou pour faire découvrir un lieu insolite. Le reportage implique nécessairement le déplacement du journaliste afin qu’il puisse « sentir les choses ». Un bon reportage implique une prise de notes régulière, des discussions diverses et une attention toute particulière portée à son environnement. Le rédacteur doit totalement immerger le lecteur, il doit dépeindre les odeurs, les détails, illustrer son ressenti en usant de figures de style et appuyer ses descriptions. Un bon reportage pourra prendre des allures romanesques si le journaliste laisse un peu aller sa plume !

L’enquête : une question, des faits, des réponses

Comme le reportage, l’enquête est un témoignage mais elle requiert une recherche plus approfondie sur le terrain ainsi qu’une grande documentation. L’enquête est un article plus long que le reportage qui vise avant-tout à répondre à des questions complexes. Les enquêtes bien menées permettent souvent de faire d’importantes révélations sur une affaire ou de mettre la lumière sur une situation particulièrement gênante. Pour produire une bonne enquête, le journaliste doit se munir d’un grand nombre d’informations et questionner un grand nombre d’interlocuteurs.

Le billet d’humeur : un style, un trait d’esprit, une opinion

Le billet d’humeur est un « papier libre » rédigé par une personnalité, un auteur ou un individu, qui souhaite s’exprimer sur un fait d’actualité ou sur une thématique bien précise. Par essens, le billet d’humeur est totalement subjectif, il n’engage que son auteur. Le billet d’humeur est l’un des genres les plus appréciés par les rédacteurs et journalistes car il n’a d’autres frontières que celles de leur imagination. Un billet d’humeur peut-être décalé, ironique, critique ou bienfaisant, seul l’auteur est libre d’en décider. Plus qu’un genre journalistique, le billet d’humeur est un véritbale exercice littéraire, le style étant absolument prédominant afin de « conquérir » le lecteur. Peu importe la nature du billet ou les informations qui y sont présentes, il s’agit avant-tout d’un exercice de séduction où la prose et le sens du rythme revêtent une grande importance. De grandes plumes se sont faits connaître par leurs célèbres billets d’humeur.

Le portrait : une personnalité, une histoire, une ambition

Un portrait journalistique vise à décrire une personnalité.  Pour rédiger un portrait, le journaliste doit s’intéresser à la psychologie du personnage, à son parcours personnel et professionnel ainsi qu’à son physique. Attention : il est impératif de rencontrer son interlocuteur pour se faire une idée juste du personnage ! Cette rencontre peut se faire dans un cadre informel ou prendre la forme d’une véritable interview avec des questions mûrement réfléchies. Il est également conseillé de prendre contact avec quelques uns des proches de l’individu dont on souhaite écrire le portrait afin d’obtenir davantage de précisions sur sa vie, ses passions, ses traits de personnalité, etc. Attention : le portrait visant à mettre en lumière une personnalité, il est normal de faire procéder à une relecture avant publication.

L’interview : un sujet, un éclairage, une vision

L’interview est un entretien individuel qui a lieu entre un journaliste (intervieweur) et une personnalité qui présente un intérêt tout particulier au regard d’un sujet ou d’un domaine (interviewé) particulier. L’interview doit être menée par le journaliste, c’est à lui que revient la tâche de structurer la rencontre en ayant préalablement défini les questions susceptibles d’intéresser ou d’éclairer ses lecteurs. L’interview doit être retranscrite le plus justement possible, avec les questions qui ont été précisément posées et les réponses telles qu’elles ont été formulées par l’interviewé. Si une bonne interview est toujours bien préparée, une excellente interview laissera davantage de place à la spontanéité, le journaliste ayant pris soin de s’informer sur le sujet pour rebondir aisément sur les réponses de l’interviewé, le but étant de créer un véritable dialogue. L’interview est un exercice fascinant dans la mesure où le journaliste doit nouer une relation de confiance pour obtenir toujours plus d’informations. Attention : s’il est normal de prévenir l’interviewé sur les différents sujets qui seront abordés, il est vivement déconseillé de fournir la totalité des questions ! Il faut au maximum préserver la spontanéité de son interlocuteur.