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Un utilisateur utilise l'application Instagram dans la rue.

Quelle est la politique algorithmique d’Instagram ?

Avec 800 millions d’utilisateurs actifs par mois, Instagram s’est imposé comme le réseau social de référence pour partager ses photos et vidéos. Lancé en 2011, Instagram a plusieurs fois modifié sa politique algorithmique avec un impact considérable pour ses utilisateurs. Quels ont été les grands choix algorithmiques du géant californien ? Explications. 

Quoi afficher ? À qui l’afficher ? Quand l’afficher ? Ces questions, les ingénieurs en charge de l’algorithme d’Instagram, se les posent depuis la naissance du réseau social en 2011. À cette époque, le choix opéré par le géant était simple : un affichage chronologique des publications. Cet affichage chronologique permettait à tous les utilisateurs du réseau social de lire et de voir les publications de leurs abonnements sans aucune distinction. Le nombre d’abonnés, le taux d’engagement sur les publications ou la qualité des photographies n’étaient pas pris en considération. Logiquement, les dernières photos publiées apparaissaient en haut du fil d’actualité – feed – tandis que les utilisateurs devaient scroller pour faire apparaître les publications les plus anciennes. 

En 2016, Instagram prend en considération les préférences des utilisateurs…

C’est au début de l’année 2016 que les équipes d’Instagram, sous la direction de Kevin Systrom, décident de modifier leur algorithme d’affichage des publications pour prendre en considération les préférences et les habitudes des utilisateurs de la plateforme. Place aux publications  « qui comptent le plus aux yeux des utilisateurs ». Le principe est simple : Instagram mémorise les publications qui rencontrent un fort engagement et décide de mettre en valeur les comptes associés en les faisant apparaître prioritairement dans le feed des utilisateurs. Pour déterminer ces publications qui comptent pour vous, le réseau social prend en compte le nombre de mentions « J’aime », les commentaires publiés, les affichages des vidéos, les sauvegardes, les posts partagés et tout autre type d’interactions obtenu par une publication. À l’époque déjà, le changement provoque la grogne de nombreux utilisateurs dont les publications n’apparaissent plus dans le feed de certains de leurs abonnés. Le changement est radical puisque les contenus publiés par certains Instagrameurs ne deviennent visibles que par seulement 10% de leurs abonnés. Face au mécontentement de ses utilisateurs, Instagram expliquait que cette modification algorithmique poursuivait un autre objectif : faire le tri entre les « vrais » et les « faux » influenceurs. En effet, de nombreux comptes paraissaient être suivis par des milliers de personnes alors que leurs publications ne rencontraient qu’un très faible engagement au regard de la taille de leur communauté. Instagram voulait pénaliser ces comptes gonflés aux faux abonnés pour qui certaines marques dépensaient de l’argent. Le pari semble en partie avoir été gagné puisque de nombreux comptes ont fermé suite à une chute drastique de leur visibilité.

… mais pénalisent les jeunes utilisateurs et les comptes naissants

Mais la marque s’est trouvée être plongée dans une contradiction majeure qui remettait en cause les fondements mêmes du réseau social : en favorisant les plus forts au détriment des plus faibles, c’est bien la découverte de contenus insolites ou originaux qui s’est trouvée être attaquée par ce changement brutal. De facto, les gros comptes qui généraient beaucoup d’engagements ont vu leurs publications être mises en avant dans le feed comme dans les suggestions tandis que les petits comptes se sont vus être chassés par le réseau social. Les Instagrameurs naissants et les jeunes utilisateurs se sont trouvés être freinés dans leur progression et leur reconnaissance sociale sur ce réseau. Pour essayer de contrer cette logique, certains utilisateurs n’ont pas hésité à recourir à deux méthodes. La première méthode consistait à acheter des likes et des interactions. La deuxième méthode consistait à former des groupes d’utilisateurs – appelés instapods – qui décidaient collectivement de liker ou d’interagir avec les publications faites par les membres du groupe. Ainsi, lorsqu’un membre du groupe publiait un contenu, il le faisait savoir aux autres membres qui étaient chargés d’intervenir en faveur de la publication. 

À l’heure actuelle, il se murmure qu’Instagram songe activement à renouer avec une politique algorithmique recentrée sur la chronologie des publications. Le géant californien a d’ailleurs publié un article sur son blog pour expliquer qu’il testait en interne un bouton « nouveaux messages » qui permettra aux utilisateurs de rafraîchir leur feed manuellement pour ne plus louper aucune publication. Instagram semble vouloir permettre aux utilisateurs de faire apparaître tous les contenus récents – quelle que soit l’influence du compte – en haut de leur feed. Le suspens reste néanmoins total puisque le géant californien ne communique presque pas sur ses intentions. Affaire à suivre donc.